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RDPC : Et si la préférence de Paul Biya allait aux responsables nommés ! par David Serge BEHEL

Depuis le dernier renouvellement des organes de base du parti à travers l'étendue du territoire et la nomination subséquente des responsables, le débat ne s'est toujours pas apaisé au sein du parti au pouvoir.

L'exercice de la démocratie est très douloureux au sein même du parti au pouvoir. Le dernier renouvellement des organes de base n'avait pas fini de révéler les fissures au sein de l'édifice que le Président Paul Biya nommait, dans la foulée, des coordinateurs régionaux. Ils étaient nommés cette fois, et ne bénéficiaient aucunement de l'onction des militants de la base. Une situation qui n'est pas pour apaiser les militants qui pensent que le chef de l'état et par ailleurs président du parti ferait plus confiance à des hommes selon des critères seuls connus de lui, et mal connus de la base militante.

à douala par exemple, l'honorable thomas Tobbo Eyoum, aujourd'hui sénateur et plus sérieusement membre du bureau politique, a été forcé de rendre la clé de la maison du parti. Il se vantait encore il y a peu d'être le seul homme politique originaire de douala à faire partie de ce cénacle très sélect, où se décident des grandes orientations de la vie de la nation.

Jugements hâtifs

On a donc pu penser que l'honorable Tobbo Eyoum avait été sacrifié au profit d'acteurs très peu connus de la base politique à douala, Camille Ekindi et Laurent Esso. Ce serait aller un peu trop vite en besogne. Les observateurs de la scène politique dans la capitale économique avaient remarqué que Tobbo Eyoum était en perte de vitesse, y compris auprès des militants de la base. Aux festivités de l'anniversaire du parti à la salle des Fêtes, à douala, Tobbo Eyoum savait à peine où mettre la tête. Il avait perdu de sa superbe des temps où il faisait encore la pluie et le beau temps.

C'est à lui qu'il revenait la responsabilité de décider qui sera candidat et qui ne le sera pas. Et même de qui sera élu ou ne le sera pas. Dictature du parti oblige. Déjà, quelques mois avant cet anniversaire du Parti, il avait pris l'initiative d'un appel à candidature solitaire adressé à Paul Biya. Les autres militants du RDPC à douala ne l'avaient pas suivi dans sa démarche. Une attitude de défiance qui ne trompe pas. Tobbo Eyoum avait fini par lasser les militants du parti, lesquels ne cachaient pas leur bonheur. Alors que l'honorable député avait déjà perdu la main sur la procédure de désignation des listes et qu'il avait signé seul l'appel à candidature adressés à Paul Biya, les nouveaux patrons élus dans le Wouri avaient trouvé le moyen de lire à cette occasion leur "appel à candidature". Celui-là était plus " consensuel " et plus " démocratique ".

C'était devant Ivaha Diboua, le tout nouveau gouverneur de la Région du Littoral. C'en est fini du parcours flamboyant de l'homme politique. Un autre acteur, Laurent Esso, le ministre d'état, Garde des sceaux, prendra les commandes du parti dans la Région, tandis que Camille Ekindi remplacera Tobbo Eyoum comme coordinateur départemental.

Entre le coordinateur et le président départemental, qui commande ?

Quelle est la préséance au sein du parti, entre le délégué départemental nommé et un président de section élu ? La question taraude encore les esprits, y compris au sein du parti. Nous tenons la réponse du Pr. Elvis Ngolle Ngolle, une des têtes couronnées du parti au pouvoir et non moins pionnier de l'école de formation politique du RDPC : " Les présidents élus des sections départementales du parti sont les patrons des coordonnateurs départementaux nommés ".

à sa suite, le secrétaire général du comité central du RDPC, a tenu à préciser, pour éviter des malentendus : "Les coordinateurs départementaux récemment nommés ne sont pas là pour remplacer les Présidents de section élus. Ils ne sont là que pour les accompagner." Voilà un détail qui vient éclaircir le trouble que semblait avoir créé la nomination des délégués départementaux, juste après le renouvellement des organes de base. Mais malgré toutes ces clarifications, l'installation des délégués départementaux dans certains coins du pays a donné lieu et l'occasion à certaines scènes absurdes. à Bamenda par exemple, dans le nord-Ouest, Paul Atanganji, ministre chargé de mission à la Présidence de la République, a lui aussi été nommé comme délégué départemental permanent de la Mezam. à peine installés, le ministre chargé de mission qui est par ailleurs secrétaire permanent du conseil national de la sécurité, a immédiatement entrepris de procéder à l'installation des Présidents élus avec le renouvellement des organes de base.

Dans la coutume des institutions étatiques, le Gouverneur de la Région est le patron du Préfet, et le Préfet est le patron du sous-préfet. Les seconds sont installés par les premiers.

Paul Biya, Le dernier mot

Pour les analystes politiques de la scène camerounaise, l'embrouillamini observé dans le fonctionnement sur le terrain est dû à une réalité : Paul sait, mieux qu'on ne le devine, que la plupart des présidents et autres animateurs issus des dernières consultations au sein du parti auraient tous quelque part un déficit de légitimité. à en juger par les contestations qui ont suivi les résultats des scrutins. On ne leur fait pas confiance, bien qu'ils soient tenus de répondre de leurs actes devant leur électorat.

Le Président de la République fait logiquement plus confiance à des hommes qu'il nomme lui-même, plutôt qu'à des présidents, même élus "démocratiquement", mais qui pour certains jouent leurs propres cartes. Les délégués nommés sont des hommes de confiance et des hommes d'une loyauté à toute épreuve. Ils répondent de leurs actes devant le Président national qui a à cœur de tenir ses troupes, surtout à l'approche des grandes échéances annoncées.

Devrait-on en conclure que les changements intervenus à la tête du parti à Douala qui se confond avec le département du Wouri obéissent au souci d'avoir des hommes de confiance aux commandes ? On peut encore supputer, surtout avec l'arrivée de Laurent Esso et celle de Camille Ekindi. Les deux ont le défaut de ne s'être jamais frottés à des joutes électorales. Mais, pour le cas de Laurent Esso, on sait qu'il a de tout temps été consulté pour des questions de grande importance dans le Wouri. Il serait, sans exagération, l'oreille et la vois du  Président.

L'Equation : David Serge BEHEL
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