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Electricité: Et maintenant ? par Rousseau Joël FOUTE

Au moment où le Fonds d'investissement britannique Actis remplace l'Américain Aes Corporation comme partenaire stratégique de l'Etat camerounais dans l'entreprise nationale d'électricité intégrée (Sonel, Kpdc, Dpdc), le moins que l'on puisse dire, c'est que les attentes des populations sont nombreuses. Les coupures intempestives vécues ces derniers temps perturbent le quotidien des Camerounais. 

Par ailleurs, sans énergie électrique ou en cas de coupures plus ou moins prolongées, les matières premières agricoles ou minérales ne peuvent être transformées par les entreprises. Les secteurs industriel et tertiaire, très dépendants de la fourniture d'électricité, sont pénalisés. Les machines tournent au ralenti quand elles ne s’arrêtent pas et les commandes ne peuvent être honorées. Cela entraine une baisse du chiffre d'affaires et la mise au chômage technique. Au bout du compte, l'économie perd de précieux points de croissance alors que le Cameroun en a tant besoin pour réduire le chômage, la pauvreté et atteindre le statut de pays émergent à l'horizon 2035. 



Chantiers 

Il se trouve qu'aujourd'hui, le problème ne se pose pas tant au niveau de la quantité d'énergie produite. Selon Aes-Sonel, la capacité installée de toutes les infrastructures de production est de 1 237 mégawatts (MW). La capacité activable, 1 100 MW. La demande, quant à elle, est de 677 MW pour le secteur public dans le Réseau interconnecté sud (Ris), 177 MW pour Alucam, 60 MW pour le grand Nord, et 10 MW pour le réseau de la région de l’Est. Donc, une demande globale de 924 MW, largement inferieure à l'offre. En principe, il ne devrait donc pas y avoir de soucis. Mais, dans le domaine de l'énergie électrique, il se suffit par de produire. Encore faut-il avoir des lignes de transport haute tension, moyenne tension et basse tension fiables, pour le transport et la distribution jusqu'au consommateur final. Et c'est là la difficulté. 

De source proche du dossier, sur les lignes moyenne tension en particulier, la vétusté de plusieurs supports et la surcharge de bon nombre de postes de transformation posent problème. A l'Est, certains groupes sont hors service. Il va falloir les réhabiliter. 

Abordant les défis à relever, David Grylls, responsable du pôle énergie d'Actis, a dit «prendre très au sérieux les responsabilités du Fonds au moment où Actis s'engage dans ce partenariat ». Il a souligné que les priorités du Fonds seront axées sur la continuité des opérations, la réhabilitation du réseau, l'assistance à la clientèle, les performances en matière de sécurité, la dépollution environnementale et la gouvernance locale. «A travers notre filiale de production en Afrique, Globeleq, nous projetons déjà l'extension de la centrale à gaz de Kribi», a-t-il conclu sur ce point. 

Le deuxième objectif poursuivi par le gouvernement, qui est la condition du succès à long terme, c'est d'assurer l'équilibre financier du secteur, afin que les coûts de fonctionnement et d'investissement soient durablement couverts. Dans cette perspective, les observateurs estiment qu'Actis devra travailler à la réduction des fraudes qui font perdre beaucoup d'argent. D'après les statistiques disponibles, 40% de l'énergie consommée à Yaoundé sont volés.
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