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ME YONDO BLACK, MA RÉACTION À CHAUD À LA CONDAMNATION DE MA CLIENTE ET CONFRÈRE LYDIENNE YEN EYOUM AU CAMEROUN

Je suis tout simplement horrifié par cette décision, à mon sens inique, rendue par un tribunal contre lequel je réunissais pourtant tous les ingrédients me permettant de le récuser, et je m’étais fait violence, croyez-moi, à ne pas le faire, à l’idée que je pouvais compter sur l’honnêteté intellectuelle de ses membres. Mal m’en a pris.
En effet, en rendant sa décision, après une instruction à l’audience menée de bout en bout à charges, il a su montrer aux yeux du monde qu’il était aux ordres, le porte parole de la voix de son maître, et mettant sa conscience sous le boisseau, c’est d’un ‘’copie-collé’’ qu’il s’agit, de l’arrêt de la Cour d’appel du Littoral de 2008 portant annulation de la saisie-attribution 4 ans après son exécution; cet arrêt dont il est rapporté qu’il a été rendu sous exigence du Ministre de la Justine de l’époque, faite au cours d’une séance de travail qu’il avait initiée dans son ministère. Ce tribunal a poussé le cynisme jusqu’à la dénaturation des faits.

Nous continuons à affirmer au plus fort que Me Lydienne YEN EYOUM n’a pas retenu les fonds qu’elle détenait pour se faire payer ses honoraires.
Ce n’est pas de ça qu’il s’agit. Il n’existait entre elle et son client, l’État du Cameroun représenté par le Ministère des finances, aucun conflit d’honoraires qui aurait nécessité une telle épreuve de force pour se les faire payer, et pourtant, tout de la décision du tribunal n’a tourné que sur le paiement d’honoraires. Un haut cadre de ce Ministère en a fait le témoignage affirmant, au de-là des questions qui lui étaient posées que le Ministère n’a eu qu’à se louer des services que lui rendait Me Lydienne EYOUM à laquelle, l’État doit encore plusieurs factures restées impayées. Les rapports, en effet, qu’elle entretenait avec son client, ne permettaient même pas de songer un seul instant à faire taxer ses honoraires, une telle procédure n’étant à envisager qu’en cas de conflit.
Les fonds, objet du conflit, que détenait Me Lydienne YEN EYOUM sur autorisation du Ministre du Budget, sont des fonds qui lui étaient alloués par une décision du tribunal au titre des frais et dépens, dont elle était par ailleurs déclarée Avocat distractionnaire; un problème technique que seuls comprennent les techniciens du droit processuel, et pour lequel une abondante jurisprudence a été servie au Tribunal affirmant que ces frais et dépens dont l’Avocat avait été déclaré distractionnaire lui appartiennent en propres et le rendent créancier de la partie qui a succombé au procès en l’occurrence la SGBC. Il ne s’agit donc pas de deniers publics et l’arrêt de la Cour d’appel du Littoral de 2008 dont l’accusation s’est prévalue pour l’annulation de la saisie-attribution, a bien confirmé qu’ils revenaient à l'Avocate et n'appartenaient pas à l’État camerounais.
Ne s’agissant donc pas de deniers publics, comment justifier la saisine du Tribunal Criminel Spécial (TCS) créé dans le cadre de l'opération anti-corruption "Epervier", lancée en 2006 par le président Paul Biya?
En réalité, ce procès oppose, jeu de l’ombre, le Chef de l’État Paul BIYA à ses collaborateurs principaux que sont: le Secrétaire général de Présidence de la République de l’époque, aujourd’hui devenu Ministre d’État en charge de la Justice, Laurent Esso; le Conseiller juridique du Président de la République Jean Foumane Akame, et l’Ancien Ministre de la Justice devenu Ministre chargé des relations avec le Parlement Amadou Ali. Ces derniers ont réalisé l’exploit de faire, sur une démarche de la SGBC qui a induit tout le monde en erreur laissant croire qu’elle faisait l’objet d’une saisie abusive, initier par le Président de la République une procédure criminelle contre un Avocat qui n’a pourtant rien à se reprocher. Pour se donner bonne conscience devant le Roi face à un dossier mal engagé qui, somme toute, exposait celui-ci au ridicule, il fallait à tout prix que l’Avocat soit déclaré coupable quitte à lui faire bénéficier par la suite de la grâce présidentielle. Ainsi l’honneur du Pays serait sauf.
Si Me Lydienne YEN EYOUM venait à ce stade à être acquittée, le travail dans l’ombre serait mis à nu, au grand courroux du Prince qui nous gouverne. Malheureusement, dans ce petit jeu, aux manœuvres de bas étages, un Haut Fonctionnaire, Monsieur Henri ENGOULOU, Administrateur civil principal a trouvé la mort, lui qui dans le cadre de ses pouvoirs a autorisé Me Lydienne YEN EYOUM à conserver les fonds qu’elle détenait et qui, sommes toutes, correspondent au montant des frais et dépens dont elle avait été déclarée distractionnaire par décision de justice devenue définitive et que la SGBC avait charge de payer. Ce Haut Commis de l’État, qui a servi le pays tout au long de sa carrière avec loyauté et compétence, aura ainsi, au soir de sa vie, à jamais son honneur bafoué, surpris par lune mort qui ne lui aura même pas donné le temps de se défendre afin que Justice lui soit rendue. Que Dieu ait son âme.
Vous comprenez donc que convaincu de l’innocence de Me Lydienne YEN EYOUM, nous ne puissions mieux faire que de nous pourvoir en cassation. La seule voie de recours qui lui reste.
Maître Yondo Black
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