Le plus important, c'est l'image. Paul Biya l'a toujours compris et en a jouĂ© sa partition. Construire habilement son culte de la personnalitĂ© permet de devenir incontournable auprĂšs de son peuple, d'Ă©carter les zones d'ombre et d'Ă©touffer ses Ă©ventuels adversaires. Il faut exister Ă la radio, dans les rues, les amphis de certaines universitĂ©s, les bureaux, passer Ă la tĂ©lĂ©, dans les journaux, des T-shirts, des sous vĂȘtements... Et mĂȘme des strings de certaines de nos femmes... Jusqu'Ă parfois devenir une icĂŽne et voir son image reprise par des artistes.
Le culte de la personnalitĂ© de Biya a du vent en poupe au Cameroun. Le quotidien gouvernemental met une photo de lui en premiĂšre page chaque jour, les autres personnalitĂ©s ne peuvent l'ĂȘtre que par leur titre et non par leur nom. Avant les Ă©ditions du journal parlĂ© Ă la radio d'Etat, un gĂ©nĂ©rique distille les louanges de Paul Biya
Tout comme Mobutu de l'ex Zaïre, Biya est en train de faire croßtre sa présence partout au Cameroun, on voit ses images dans les rues, dans les cimetiÚres, les toilettes, les bureaux.... et aussi sur des véhicules les banques, sur les stades le chef est présent à travers ses effigies.. Il s'agit ainsi pour lui de créer un nouveau peuple, un nouveau pays, avec un démiurge en son centre. Le " Lion ou le Nomgui du Cameroun est en train de vouloir faire de lui un personnage sacré, adoré par ses créatures, un demi-dieu africain.
DĂ©cider de rester au pouvoir Ă 83 ans est une pratique que l'on ne rencontre que dans les pays rĂ©fractaires au principe de la lĂ©gitimitĂ© par les urnes. Paul Biya quoi qu'on le dise semble prĂ©parer avec ses laudateurs calculateurs le terrain pour rempiler un autre mandat Ă la tĂȘte de l'Etat en 2018.
MĂȘme la plus parfaite gouvernance n'aura aucune vertu curative sur un corps vieilli. Ce n'est pas moi qui le dit, mais c'est la nature qui dicte sa loi. Le problĂšme du Cameroun ne rĂ©side pas dans ses lois, mais dans leur non application. Ceux qui les votent sont les premiers Ă ne pas les respecter, Ă en faire fi.
Biya, comme le peuple camerounais au lendemain du prochain scrutin présidentiel de 2018, aura du mal à avaler ses propres couleuvres, tellement elles seront énormes. Il est temps de mettre un terme à l'adulation excessive de monsieur Biya. Au lieu de faire cette litanie de sanctifications qui ne reflÚtent pas la vie du Camerounais lambda, l'entourage de Paul Biya devrait lui faire part des réalités du peuple : Lui dire qu'il est temps qu'il aille se reposer. AprÚs lui ce ne sera pas le chaos
Correspondance : PCI
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